Famille
Annoncer un divorce aux enfants
Aujourd’hui 1 mariage sur 3, voire 1 sur 2 dans les grandes villes, se solde par un divorce. Les couples de cohabitants se séparent également dans les mêmes proportions. Etre un enfant de « divorcés » n’est plus une exception ni une tare. Pourtant la souffrance de votre petit est bien réelle et doit être prise en compte, quel que soit son âge.
Pour que votre bambin accepte plus facilement la situation, la manière dont vous lui présenterez est cruciale : lorsque votre décision est prise et mûrement réfléchie, avertissez-en votre enfant, si petit soit-il. N’attendez pas que l’un des deux parents ait quitté le domicile familial pour lui en parler. Si c’est possible, parlez à votre bambin, avec votre (ex-)compagnon.
Evitez autant que possible les cris, les larmes et vos conflits conjugaux qui ne sont pas l’objet de la discussion. Dites-lui avec des mots simples que vous, ses parents, avez décidé de vous séparer, que vous pensez que c’est mieux ainsi,... Il n’est pas nécessaire de lui expliquer le détail de vos difficultés conjugales.
Evitez également de disqualifier votre conjoint devant l’enfant. Au contraire, précisez-lui que même séparés vous serez toujours son papa et sa maman et que vous l’aimerez toujours autant.
Avec simplicité, rassurez-le : « Tu as le « droit » de nous aimer tous les deux, tu ne dois pas choisir entre aimer Papa ou Maman. Notre amour pour toi ne changera pas ». Il est également important de le réconforter sur le fait qu’il n’est en rien responsable de votre décision, découlant d’un problème entre adultes.
Répondez à ses questions et expliquez-lui autant que possible comment les événements qui le concernent vont se dérouler : où il vivra, quand il verra chacun de ses parents, ce qui changera pour lui, mais aussi, et surtout, tout ce qui restera inchangé.
La réaction de votre petit peut varier : surprise totale, soulagement, pleurs,... Montrez-vous patient à son égard.
Au besoin, n’hésitez pas à consulter un thérapeute pour vous aider.
Le complexe d’Oedipe : la légende
On parle beaucoup de ce fameux « Complexe d’Œdipe », réactualisé par Sigmund Freud. A l’origine, il s’agit d’une tragédie que nous devons à Sophocle, « Œdipe-Roi ». Voici ce que nous raconte cette histoire.
Le roi Laïos et son épouse Jocaste se rendent à Delphes pour consulter la Pythie, qui leur apprend qu’ils auront un fils mais que celui-ci tuera un jour son père, épousera sa mère et plongera sa famille dans le deuil et dans le sang. Quelque temps après, Jocaste met au monde un fils. Craignant l’accomplissement de l’oracle, Laïos abandonne l’enfant. Des bergers le recueillent et le confient au roi de Corinthe. C’est ainsi que le roi Polybe et sa femme Mérope l’adoptent et le nomment Œdipe. Élevé par ceux qu’il croyait être ses parents, Œdipe grandit et consulte à son tour l’oracle, laquelle lui confirme la prédiction déjà faite à Laïos. Saisi d’horreur, Œdipe ne veut pas retourner auprès de ceux qu’il pense être ses parents et quitte son pays. A un carrefour étroit, il rencontre un char monté par un vieillard et un cocher. Après un accrochage, c’est la bagarre. Œdipe frappe le cocher et tue le vieil homme. Il s’agissait de Laïos.
A cette époque, à Thèbes vivait le Sphinx. Aux portes de la ville, ce monstre arrêtait les passants, leur posait une énigme et dévorait tous ceux qui ne savaient la résoudre. Jamais personne n’avait pu découvrir la solution de ses rébus. Voulant mettre fin à ce tragique fléau, Créon, successeur de Laïos et oncle d’Oedipe promet sa couronne et la main de sa sœur, Jocaste, à l’homme qui parviendrait à délivrer le pays de cette calamité.
Se dirigeant ensuite vers Thèbes, Œdipe rencontre, à l’entrée de la ville, le Sphinx. Comme à tout passant, le monstre, du haut de son rocher, lui posa cette énigme :
« Quel est l’animal qui le matin marche sur quatre pattes, à midi sur deux et le soir sur trois ? »
Œdipe répondit aussitôt :
« C’est l’homme. Enfant, il se traîne à quatre pattes ; devenu grand, il marche sur deux pieds, et dans ses vieux jours, il se sert d’un bâton comme troisième soutien ».
Voyant l’énigme résolue, le Sphinx vaincu se précipite du sommet de son roc et se tue. Thèbes est alors délivrée et Créon tient sa promesse : Œdipe reçoit Jocaste pour épouse et devient ainsi, sans le savoir, le mari de sa mère. De cette union incestueuse, deux filles naissent, Antigone et Ismène, ainsi que des jumeaux : Étéocle et Polynice.
Les dieux, fâchés par toute cette histoire, envoient des fléaux sur Thèbes. Consulté sur la cause de ce mal, l’oracle répond que la ville de Thèbes est souillée par la présence du meurtrier de Laïos et que le fléau ne prendra fin qu’au jour où les Thébains auront découvert et puni le coupable. Sans perdre de temps, Œdipe mène une minutieuse enquête. Il découvre ainsi la vérité sur son identité et sur l’accomplissement de l’oracle. Le vieillard qu’il avait agressé était son propre père, la reine qu’il avait épousée était sa propre mère et les enfants qu’il avait engendrés étaient issus du même sein que lui !
Folle de désespoir, Jocaste se pend dans ses appartements et Œdipe, lui-même convaincu d’être à la fois parricide et inceste, se crève les yeux. Chassé de Thèbes par Créon, le malheureux aveugle prend le chemin de l’exil, accompagné de sa fille, la fidèle Antigone. Cette légende est maintenant une pièce classique de théâtre et un concept de psychologie.
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